Cours de l’acier 2026 : quel impact sur vos tubes de fondation ?

Cours de l'acier 2026 : quel impact sur vos tubes de fondation ? (illustration)

Depuis le début de l’année, les acheteurs BTP reçoivent des devis en hausse sur leurs commandes de tubes acier. Ce n’est pas une impression : le cours de l’acier s’est réellement redressé en 2025 et poursuit son ajustement en ce début 2026, sous l’effet combiné d’une nouvelle politique commerciale européenne et de coûts de production qui restent tendus. Pour les entreprises de fondations spéciales, comprendre ces mécanismes n’est plus optionnel : c’est ce qui permet de sécuriser une marge sur un chantier de micropieux signé plusieurs semaines avant l’approvisionnement.

Où en est le cours de l’acier en ce début 2026 ?

HRC et ferraille : les chiffres du moment

La référence de marché pour l’acier plat, le HRC (Hot Rolled Coil, bobine laminée à chaud), sert de baromètre pour l’ensemble de la filière, y compris pour les tubes soudés utilisés en fondations. Les prix des bobines laminées à chaud (HRC) se sont établis en moyenne à environ 660€ par tonne au premier trimestre 2026, soit une hausse de 10% ou 60€ par tonne en glissement annuel. Sur le marché spot, la tension est encore plus visible : les prix spot des HRC ont désormais atteint près de 700€ par tonne, en hausse d’environ 100€ par tonne par rapport aux niveaux moyens du quatrième trimestre 2025.

Sur l’ensemble de l’année 2025, la tendance était déjà clairement haussière. Le prix moyen pondéré de l’acier est passé de 595 € à 652 € la tonne, soit une hausse de +9,7 % sur l’année. Côté ferraille, matière première du recyclage qui influence indirectement le coût de production des tubes, le prix de l’acier neuf de construction varie de 600 à 1 000 euros la tonne, et celui de la ferraille de recyclage de 180 à 280 euros la tonne, avec des écarts qui reflètent la qualité et le type de produit.

Une volatilité plus contenue qu’en 2022-2023

Bonne nouvelle pour les acheteurs qui ont vécu les à-coups post-Covid : les variations restent aujourd’hui plus lisibles. Après une hausse printanière où les cours ont dépassé 740 dollars la tonne en Europe, les prix ont corrigé durant l’été autour de 620 dollars avant de remonter à environ 705 dollars fin novembre 2025, une volatilité modérée qui contraste avec les fortes fluctuations des années précédentes. Pour un acheteur BTP, cela signifie des cycles de prix plus prévisibles, mais toujours orientés à la hausse sur le moyen terme.

Période Prix HRC Europe (indicatif) Tendance
Printemps 2025 > 740 $/t Pic saisonnier
Été 2025 ≈ 620 $/t Correction
Fin novembre 2025 ≈ 705 $/t Reprise
T1 2026 (moyenne) ≈ 660 €/t +10 % sur un an
Spot début 2026 ≈ 700 €/t +100 €/t vs T4 2025

Les trois facteurs qui pèsent sur le prix de l’acier

Le mur des surcapacités chinoises

La Chine reste le premier producteur mondial d’acier et son excédent de capacité continue de peser sur les prix internationaux. Ce déversement de tonnage sur les marchés d’exportation fragilise les producteurs européens, qui subissent une pression sur leurs volumes et leurs marges. Selon le directeur général d’Eurofer, Axel Eggert, si la baisse des exportations européennes se poursuit, il faudra à moyen terme adapter les capacités de production et les emplois en Europe. Un rapport de l’OCDE cité dans la même analyse souligne que la surcapacité sidérurgique mondiale continue de peser sur les marchés et que les subventions faussent de plus en plus la concurrence.

Une Europe qui verrouille ses frontières : quotas et CBAM

Face à ce constat, l’Union européenne a durci sa politique commerciale sur l’acier. Les mesures de sauvegarde en vigueur depuis 2018 dans le cadre de l’OMC arrivent à expiration, et un nouveau régime plus strict doit prendre le relais. La commission du commerce international du Parlement européen a adopté, en janvier 2026, sa position sur un projet de règlement visant à contrer les effets négatifs de la production mondiale excédentaire d’acier sur le marché de l’Union.

Concrètement, le texte prévoit deux mesures structurantes :

  • Une réduction des quotas d’importation, limitant les volumes en franchise de droits à 18,3 millions de tonnes par an, soit une baisse de 47 % par rapport aux quotas de 2024.
  • Un droit de douane de 50 % appliqué aux importations dépassant le quota et aux produits sidérurgiques non couverts par celui-ci, contre 25 % auparavant.

Ce régime doit succéder aux sauvegardes temporaires actuelles pour devenir, selon les termes d’un observateur du dossier, un régime de défense structurelle planifié jusqu’en 2031. À cela s’ajoute le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM), qui entre dans sa phase définitive : en 2026, le mécanisme ne couvrira que 2,5 % des émissions des importations les plus émettrices, ce pourcentage augmentant progressivement chaque année pour atteindre 100 % en 2034. Pour l’acheteur BTP, l’effet net de ces deux dispositifs est le même : moins d’acier importé bon marché, donc un prix plancher plus élevé sur le marché européen.

Énergie : une accalmie qui reste fragile

La production d’acier, très électro-intensive, reste exposée aux prix de l’énergie. En France, le prix de l’électricité a baissé de 15 % en moyenne en février 2025, puis de 3,2 % en août 2025, ce qui a offert un peu de répit aux industriels. Mais cette accalmie n’élimine pas la volatilité structurelle du marché européen de l’énergie, qui reste sensible au moindre choc géopolitique ou climatique. Un sursaut des prix du gaz ou de l’électricité se répercute mécaniquement, avec quelques mois de décalage, sur le coût de production des bobines et donc des tubes.

Quel impact concret sur le prix des tubes acier ?

De la bobine au tube : la mécanique de répercussion

Un tube soudé pour micropieu part d’une bobine d’acier laminé à chaud, formée puis soudée longitudinalement. Le prix de la matière première (HRC) représente la part la plus importante du coût de revient d’un tube, largement devant les coûts de transformation, de transport et de marge du distributeur. Mécaniquement, une hausse de 60 à 100 €/tonne sur le HRC se répercute presque intégralement, avec un décalage de quelques semaines à quelques mois, sur le tarif catalogue des tubes acier pour la construction.

Ce que cela signifie pour un tube N80 Ø 73 mm

Pour une entreprise de fondations spéciales qui achète des tubes N80 par fagot, la traduction concrète est double :

  • Le prix unitaire au mètre linéaire évolue avec un décalage par rapport au cours spot du HRC, ce qui rend les devis figés plusieurs mois à l’avance risqués pour le fournisseur comme pour l’acheteur.
  • Le tarif dégressif au volume devient un levier de négociation plus stratégique qu’auparavant : sécuriser un volume annuel permet de lisser l’effet des à-coups du marché spot.

C’est précisément pour cette raison que chez Tubes Micropieux France, nous proposons un tarif dégressif par fagot de 70 tubes, pensé pour donner de la visibilité aux entreprises qui doivent chiffrer des chantiers sur plusieurs mois sans subir de plein fouet chaque variation du cours de l’acier.

Comment un acheteur BTP peut anticiper la hausse

Suivre les bons indicateurs, pas seulement les gros titres

Plutôt que de réagir à un article de presse généraliste, un acheteur gagne à suivre trimestriellement deux ou trois indicateurs simples : le cours spot du HRC en Europe, l’évolution du prix de la ferraille (qui donne le sens du marché), et le calendrier réglementaire européen (quotas, droits de douane, CBAM). Ces trois signaux, croisés, permettent d’anticiper une tendance à 2 ou 3 mois plutôt que de subir une hausse au moment de la commande.

Sécuriser ses approvisionnements en amont

Sur un chantier de micropieux, le poste tubes acier représente une part significative et prévisible du budget fondations. Il est donc possible de le sécuriser en amont, plutôt que de le laisser flotter au gré du marché :

  • Grouper les commandes sur l’année pour bénéficier des paliers de tarif dégressif plutôt que de commander au fil de l’eau.
  • Demander un devis dès l’avant-projet, pour figer une base de calcul même si la commande ferme intervient plus tard.
  • Anticiper les échéances réglementaires connues (nouveau régime de quotas, montée en puissance du CBAM) qui peuvent créer des pics de tension ponctuels sur les prix.

Intégrer la marge de manœuvre acier dans le chiffrage

Enfin, sur les devis à plusieurs mois, il est prudent d’intégrer une clause de révision indexée sur un indice acier reconnu, plutôt que de figer un prix ferme sur une matière dont la volatilité, même modérée, reste réelle. C’est une pratique déjà courante sur les marchés publics et qui protège les deux parties.

Sources

  • Investing.com, « Les prix de l’acier européen augmentent en raison de la politique commerciale et des coûts énergétiques » — fr.investing.com
  • Ste Ardéchoise Récupération, « Quel est le prix de l’acier en 2026 ? » — ste-ardechoise-recuperation.fr
  • Europ’metal, « L’évolution du cours de l’acier depuis 2023 » — europmetal.fr
  • Parlement européen, « Nouvelles mesures pour protéger le marché de l’acier contre la surcapacité », communiqué du 26 janvier 2026 — europarl.europa.eu
  • Customeo, « Réforme sauvegarde acier UE 2026 : quotas, droits de douane à 50 % et clause Melt and Pour » — customeo.fr
  • France Épargne, « CBAM 2026 : la taxe carbone aux frontières de l’UE entre en vigueur » — france-epargne.fr
  • Le Journal des Entreprises, « Sidérurgie européenne : l’année de tous les dangers » — lejournaldesentreprises.com
  • Hellowatt, « Comparatif du prix de l’électricité en Europe » — hellowatt.fr

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